Le 1er tour de la manipulation.

Ce scrutin comme cette campagne est une honte pour notre pays et tous les salariés. Il porte atteinte au crédit de la France hors de ses frontières et dans toute l’union européenne. Le vote du 21 avril est injuste et dangereux tout simplement parce que plus de 44% des Français ne seront pas représentés au 2ème tour, l’essentiel des forces progressistes…

Se retrouvent en lice un candidat qui a fait de l’insécurité le thème principal de la campagne (parce qu’il n’avait rien d’autre à dire, ni surtout rien d’autre à proposer) et le candidat de la haine, de la xénophobie et du racisme. Avec la complicité (parfois inconsciente) des médias ces thèmes ont été tellement sur-médiatisés que l’on retrouve dans des zones rurales qui ne sont concernées ni par le chômage ni par l’émigration ni par l’insécurité le front de la haine à 45 % des suffrages. Preuve que certains électeurs ont été complètement manipulés par les médias. Le débat a détaillé les conséquences (délinquance, insécurité, violence) mais jamais les causes (chômage, pauvreté, inégalités, partage des richesses matérielles et culturelles et justice sociale). 

Si bien que se retrouvent au second tour ceux qui ont le mieux exploité la vague sécuritaire mais qui sont complètement incapables de résoudre les problèmes posés. Autre manipulation de l’électorat ce n’est pas celui qui dramatise le plus la situation qui est le mieux à même de résoudre celle-ci. En l’occurrence il existe des remèdes qui sont pire que le mal lui-même…

D’un point de vue strictement stratégique rien n’explique la dispersion, absurde, de la gauche. Celle-ci, qu'on la considère dans les limites de la gauche plurielle ou en incluant l'extrême gauche, ne recule pas, d'un scrutin présidentiel à l'autre, alors que la droite modérée perd entre 6 à 9 points par rapport aux scrutins précédents. Dans ces conditions comment accepter le fait que 50 % des voix du parti radical de gauche(1,6 % au total) aurait simplement suffit à ce que la gauche soit présente au second tour. Il y avait au moins un candidat de la gauche plurielle de trop. Ce qui peut se justifier pleinement pour une élection législative démontre une grosse erreur d’analyse pour une élection présidentielle.

C’est la deuxième fois consécutivement qu’au premier tour d’une présidentielle les instituts de sondages se trompent lourdement. Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire au hasard. En dehors des élections (où d’ailleurs les sondages ne sont pas facturés au prix fort aux médias qui les commandent) les principaux clients des instituts sont les entreprises et spécialement les chefs d’entreprise.

La première erreur concernait justement le candidat libéral préféré des milieux d’affaire (Balladur) dont les intentions de vote ont été sur-estimé en 1995 comme pour forcer l’opinion à accepter l’idée qu’il serait présent au second tour. Devant la menace d’un second tour Balladur-Chirac l’électorat de gauche c’est alors mobilisé sur le candidat Jospin le portant en tête au premier tour. Cette première tentative de manipulation ayant échoué les instituts en on tiré les enseignements et ont bien analysé l’influence des sondages publiés sur tel ou tel électorat. (Ils sont bien placés pour le faire).

Ainsi avant le 25 avril aucun institut n’a placé Le Pen en seconde position même si les chiffres donnaient celui-ci devant le premier candidat de la gauche plurielle. Ceci aurait mobilisé l’électorat de gauche sur un seul nom (aujourd’hui, après l’élection, beaucoup disent : si j’avais su je n’aurais pas voté ainsi…) Un deuxième tour Chirac - Le Pen satisfait pleinement les libéraux, les chefs d’entreprises donc les principaux clients des instituts de sondage.

Cette manipulation a pu être effectuée sans aucun risque car les chiffres que les instituts recueillent sur les intentions de vote concernant le candidat Le Pen ne sont jamais bruts et toujours redressés. En effet même au téléphone personne n’est fier d’un tel vote et depuis belle lurette chaque institut sait qu’il faut corriger (à la hausse) les intentions de vote pour ce candidat. Bien entendu chaque institut garde secrète sa recette pour coller au mieux à la réalité. Ainsi personne chez les sondeurs n’a montré Le Pen trop près de Jospin ce qui ménageait un second tour de rêve pour le candidat Chirac assuré d’une confortable réélection alors qu’il est tant décrié…

Il est assez ironique de constater que des manœuvres libérales puissent contribuer à éliminer un candidat socialiste jugé à gauche trop libéral. 

Mais les patrons ne digèrent pas facilement les 35 heures comme en son temps ils n’avaient pas digérés facilement les congés payés.

Le véritable danger vient de la réaction d’un électorat qui se sentirait grugé, non représenté exclu et manipulé. Aucun électeur ne se met en colère contre lui-même, même s’il peut regretter son vote après coup. Quelle peut être la réaction des banlieues face à un candidat sur lequel ils crachent si on leur ressert le même plat ? Super Menteur pour 5 ans de plus n’es-ce pas tirer un peu trop sur la corde ?
Quant à la réaction face à un nazillon milliardaire qui n’a jamais travaillé, le candidat de l’inculture et de la fermeture… n’y pensons même pas…  

FREE WARRIORS   Le 23.04.2002                                               Envoyer cette page à un(e) ami(e)

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