LE TEMPS DES CERISES

Le temps des cerises est terminé. 

Il n'y avait qu'à voir la mine de certains devant les salariés floués de Danone, l'indifférence envers les sans-papier, les sans emplois et les précaires, les airs subjugués face aux milieux d'affaires pour comprendre qu'ils s'étaient oubliés eux-mêmes, qu'ils ne défendaient plus rien. 

Réconcilier l'économique et le social cela a ressemblé à une démission collective et complète, une lâcheté de plus et cela n'a pas réconcilié du tout le peuple et la politique. Les larmes de Martine ne cacheront pas les sourires de Laurent et de Dominique en certaines circonstances. Ils auront beau nous dire qu'ils veulent tout reconstruire avec les verts, les communistes, les socialistes dans un même parti tout cela ne montre que la volonté de revenir aux affaires dans 5 ans puisque ce pays semble condamné à une alternance perpétuelle (celle-ci étant la sixième consécutive). 

Ces scrutins montrent le mal être des plus gros consommateurs au monde d'anxiolytiques et d'antidépresseurs face à un monde qui change, face au Nord qui écrase économiquement le Sud, face à des rétentions d'information liberticides, face aux inégalités programmées, face à une information aseptisée, prédigérée, sans indignation, sans engagement, politiquement bien propre alors qu'elle concerne le plus souvent des gens bien sales et indignes, scandaleusement sales, sans aucune conscience et sans moralité. Ces personnes en elle mêmes sont des contres valeurs et incitent encore plus les faibles à l'égoïsme et à la fermeture. 

Venir s'étonner ensuite du score de l'extrême droite est pitoyable, digne d'un gigantesque guignol et à ce titre précisons que certains faits ne nous portent pas forcément à rire, on ne rit pas lorsqu'il faut s'indigner et se révolter dans ce cas le rire est le premier pas vers la soumission car il dédramatise ce qui doit rester impardonnable. 

En ce sens le rire alimente le cynisme ambiant où tout le monde sait mais fait semblant de ne pas savoir, de ne pas être choqué, de trouver cela naturel… Souvenons-nous ici que 17 prix Nobel ont suivi Hitler, que chaque employé, que chaque fonctionnaire, que chaque exécutant du régime Nazis connaissait l'existence de la solution finale et faisait semblant justement, de ne pas savoir… 

Nous savons ce qu'il faut savoir et nous ne comprenons pas comment on peut accepter les choses sans renier une partie des valeurs qui nous sont chères. Nous avons la bonne conscience de ceux qui n'ont pas participé et qui ne se sont jamais vendu. De toute façon on n'achète que ce qui est à vendre et le pouvoir ne nous intéresse pas. 

En fait et en réalité le sage renonce au pouvoir parce qu'il sait que moins il en aura, moins il sera responsable, plus il aura justement du pouvoir sur lui-même et nous avons des lieux à reconnaître, des étapes intérieures à franchir pour nous accomplir et comprendre. Détaché des obligations matérielles, des pressions que notre Ego sait exercer si puissamment les choses sont possibles. Englués, tourmentés, impliqués dans la bataille pour un pouvoir que nous croyons si essentiel rien ne peut être fait. 
Nous avons la compassion à découvrir, l'envie et le désir d'aider les autres et notre prochain quoiqu'il puisse arriver. 
Nous avons des souffrances à écouter et à soulager, il nous faut ouvrir notre cœur et nos esprits aux âmes et aux corps en souffrance, il nous faut redécouvrir ce lieu que nous connaissons déjà au fond de nous même et que nous avions oublié. Si nous nous intéressons uniquement à nous même c'est exclu…

Jean Paul l'enfer ce n'est pas les autres, l'enfer c'est nous même et notre égoïsme qui nous interdit de voir les différences de l'autre et en quoi elles sont si attachantes, à haïr l'indifférence qui nous trompe et nous cache la nature même des choses et des êtres. Le sage sait se sacrifier pour autrui parce qu'il sait qu'il en récoltera tôt ou tard les bienfaits, l'égoïste ferme les yeux et détourne la tête sans savoir et sans comprendre que par cette attitude justement il se condamne lui-même à rester dans l'erreur. Être de gauche, et d'une gauche sociale et active, c'est savoir s'oublier soi-même pour faire passer les autres en premier et avant tout. Dans les cabinets et dans les ministères ils avaient oublié cela…. 

" Si vous essayez de réfréner vos motivations égoïstes - colère et autre - et développez davantage de bienveillance et de compassion envers autrui, c'est vous, en définitive, qui en bénéficierez. Je dis parfois que telle devrait être la pratique d'un égoïste sage. Un égoïste stupide ne pense qu'à lui-même, et cela ne lui est d'aucun profit. L'égoïste sage pense aux autres, les aide autant qu'il le peut et, en conséquence, reçoit lui aussi des bienfaits. " 
Le Dalaï Lama.

" Le sage ne s'afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas ; il s'afflige de ne pas connaître les hommes. " 


Free Warriors. Le 08.07.2002. 
                                                                                                             
Envoyer cette page à un(e) ami(e) 

Textes précédents : 
Le 1er tour de la manipulation.

L'esprit des lois

Réveil tardif et désagréable

Le principe de l'illusion

Économie et Morale.

Le Boycott Jusqu'où ?

S'unir ou périr

Front uni

Égalité

Apprentissages

Mes Valeurs

Désirs