Envoyer cette page à un(e) ami(e) 


                                                      
              Les chemins du Moyen Âge.


Les témoignages des sans papiers et la façon dont on les traite nous font un peu mal au ventre. Et pourtant nous n'avons pas faim nous ! Enfin pas faim comme en Afrique, faim et soif de justice, tout simplement ! 
Que faut-il répondre à cette étudiante désespérée ? Que la solidarité dans ce pays est décédée avec le communisme et ses 3,37% aux présidentielles ? Quelle est démodée et noyée dans le cynisme ambiant qui veut que malgré un niveau d'information plus qu'acceptable on ne s'indigne pas, on ne se révolte pas, on accepte et on se soumet ?

Au Moyen Âge, dans chaque ville, souvent à l'entrée de celle-ci, on trouvait une tour (pour les grandes villes) ou un bâtiment où l'on enfermait " les hors normes ". Était exclu de toute vie sociale : les fous (ou considérés comme tels), les " originaux ", c'est à dire les personnes différentes de la majorité de la population, les lépreux, les pestiférés et tous ceux souffrants de maladies contagieuses ou non contagieuses, les handicapés, les débiles légers ou profonds, les bossus ou les individus affectés par des tares congénitales enfin tous ceux que " le bon peuple " ne supportait pas de croiser dans la rue. (Voir Michel Foucault : Histoire de la folie) 

Il est bien évident qu'un étranger (surtout si la couleur de sa peau était différente) avait de grande chance de s'y retrouver provisoirement ou définitivement. (A moins d'être mandaté officiellement ; ambassadeur, consul…).Il était aisé d'y entrer mais moins aisé d'en sortir et les individus composant cette population était laissés aux bons soins de l'église, c'est à dire la plupart du temps sans soins du tout… (De l'eau et du pain).
Les centres de rétention de l'époque ! 

Bienvenue à Sarkoland ! Ou retour au Moyen Âge ! Nous avions le Futuroscope de Rafarin, parc de l'image dégraissé par un entrepreneur privé puis rendu à la région Poitou-Charentes, le Giscardoscope et les volcans du futur Super Président de l'Europe, filiale de Ruggieri qui fait la fortune des artificiers du Cantal, dans la série des parcs à thèmes Sarkosy lui propose : Retour au Moyen Âge ! Avec centres de rétentions, pleine politique d'exclusion, torture physique et psychologique, inquisition (loi Perben), doubles peines, expulsions, prison… 

On attend le retour de la peine de mort pour pouvoir dresser les bûchers en place de grève et pratiquer les pendaisons… 
Voilà ce que cachait les 16,86 % de Le Pen au 1er tour (19 % avec Mégret) et surtout l'analyse du vote des électeurs ayant choisi le vote du pire, le sinistre ( ! ) 

50 % des électeurs de Le Pen l'on fait pour qu'il ait plus d'influence contre 26 % pour qu'il soit élu (sondage CSA sorties des urnes du 21 avril 2002) et 49 % l'on fait en opposition aux autres candidats. Au moment de voter les enjeux qui ont le plus comptés pour l'électorat Le Pen étaient : 1/ La sécurité pour 68%, 
2/ L'immigration pour 57 %, le 3ème enjeu étant les retraites (29 %) et l'autorité de l'état (28%). 
Il faut dire que l'électorat de droite en général aime l'ordre. Il est attiré par l'ordre de manière endémique et systématique, ce goût de l'ordre est une attirance pratiquement esthétique. 

Cette attirance Mr Sarkosy l'a comprise tout simplement parce qu'il la ressent. Elle induit les centres d'éducation renforcés pour les ados, les centres de rétention ou la reconduite aux frontières pour les immigrés, un durcissement des lois et sanctions contre toute forme de délinquance et tout ce qui pourrait apporter du désordre. 

Face à ces problèmes la gauche ne pense pas que la sanction soit toujours fondée en raison, la gauche est généreuse, c'est elle qui désire l'intégration, qui normalement la prône et la pratique dans ses habitudes sociales. Et justement la gauche plurielle n'a rien fait pour les sans papiers ! Encore une preuve qu'elle n'était pas une gauche " naturelle " mais une gauche de laboratoire, une gauche"recomposée".
La gauche est généreuse, elle refuse l'égoïsme, elle n'a pas peur, elle sait qui elle est, les individus qui la composent ont une personnalité, une culture, ceux qui sont attiré par l'ordre et qui redoutent les différences n'en ont pas. C'est lorsque l'on ne sait pas qui l'on est que l'on s'isole et que l'on a peur de l'autre. 
C'est lorsque l'on a peu de culture, peu ou pas d'identité, que l'on est effrayé par celui qui en a et qui est différent, que l'on se sent menacé. 
Les uns veulent aider, les autres exclure…

Ceux qui veulent aider doivent continuer à mobiliser, à se battre, à être solidaires, fidèles à leurs valeurs car ceux qui veulent exclure ont fait 82 % aux dernières élections et ils sont douloureux et pénibles les chemins qui mènent au Moyen Âge… ils ne nous plaisent pas !

J'ai compris qu'il ne suffisait pas de dénoncer l'injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre. 
Albert Camus.  (Les justes.)
 

Free Warriors. Le 19 Novembre 2002. 

Liens à visiter : 
Les témoignages des sans papiers

  Envoyer cette page à un(e) ami(e)

Textes précédents :
Les symptômes ou les causes ?
Cadeaux Obscurs

Le Temps des Cerises

Le 1er tour de la manipulation.

L'esprit des lois

Réveil tardif et désagréable

Le principe de l'illusion

Économie et Morale.

Le Boycott Jusqu'où ?

S'unir ou périr

Front uni

Égalité

Apprentissages

Mes Valeurs

Désirs