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Gros risques de dumping social…
Voici un extrait d'une déclaration d'Ernest Antoine Seillière, président du MEDEF, à l'issue d'un entretien avec le ministre, le 6 octobre 2003, au sujet de la réforme du dialogue social :
" Nous croyons que l'entreprise, le terrain (comme nous l'avons toujours dit dans la refondation sociale), est le niveau essentiel pour permettre aux entreprises et aux partenaires sociaux de s'accorder sur les progrès en matière d'organisation et de
restructuration."
Comme on le voit les entreprises ne sont pas favorables à une action législative, à des réformes qui risqueraient de ne pas passer inaperçues… comme cela a été le cas pour les retraites, mais plutôt à des négociations en
entreprise et l'on se rend compte maintenant, oh surprise ! que le gouvernement
aussi.
Bien sur le fait que l'entreprise soit le lieu ou le citoyen-salarié est le plus vulnérable, le fait que l'on puisse tenter de corrompre un délégué, moyennant une augmentation, une promotion, le fait que l'on puisse entraver et même pousser à la démission un délégué s'il ne fait pas preuve d'assez de soumission n'a rien à voir avec cette volonté de vouloir négocier dans l'entreprise.
La dégradation du marché du travail et l'augmentation du chômage fait peser sur les salariés (et même sur les salariés protégés) de telles menaces qu'il est très aisé de s'en servir pour faire du " dumping social. " Augmentations de salaire, amélioration des conditions de travail ne servent à rien pour ceux qui n'ont plus de travail… Les salariés, les chefs d'entreprise et les syndicats le savent.
Ceci explique en passant pourquoi le gouvernement Raffarin ne tente rien de sérieux contre le chômage…
Qui peut empêcher la direction d'une entreprise de forcer un accord en menaçant de fermer, de licencier et de délocaliser ?
Le ministre des affaires sociales a même proposé aux syndicats, moyennant une contrepartie très douteuse sur le principe majoritaire
qui devrait aller de soi (validité des accords sociaux après la signature des syndicats représentant plus de la moitié des salariés), d'accepter de négocier des accords qui pourraient être contraires à la loi ou à la convention collective…
Cela presse car l'alibi de l'Europe des 25 avec une constitution sans aucunes références au social n'est pas pour tout de suite.
Mais au fait doit-on se débarrasser immédiatement du code du travail ?
Et quelle serra la position des tribunaux en cas de litiges sur des accords contraires à ce même code ou aux conventions collectives ?
Dans l'administration même principe on ouvre le débat en interne et l'on fait en sorte
que celui-ci ne se retrouve surtout pas sur la place publique…
La privatisation rampante du service public doit se faire en toute discrétion.
Ces stratégies ne sont pas simplement d'énormes manipulations elles révèlent aussi une grande lâcheté de la part de ceux qui sont aux affaires…
Sans transparence le gouvernement n'a plus à craindre les réactions des salariés car elles
lui font peur.
On a certainement remarqué que les salariés peuvent se mobiliser, pour les retraites, pour l'altermondialisme et qu'à gauche certains parlent d'une opposition et d'une gauche unie.
Si tout se passe dans l'entreprise, si le gouvernement ou les députés ne légifèrent pas certains vont peut-être continuer à penser que la droite est
neutre ou que droite et gauche c'est idem…
Comme si les salariés, imbéciles par nature, n'avaient pas remarqué que le numéro 2 du MEDEF se nomme
Sarkozy ?
Free Warriors, le 20 octobre 2003.
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