Le Boycott.... jusqu'où ?

Gandhi savait mener conjointement les luttes politiques et sociales.

Toute sa vie celui-ci reste attaché au khadi (toile de coton des indes) il demande aux citadins d'acheter du tissu khadi, de boycotter les tissus anglais et de ne plus lui livrer le précieux coton des Indes. 

Ce faisant il poursuit un double but : frapper la Grande-Bretagne dans son commerce extérieur, promouvoir la fabrication et la vente des produits de l'artisanat local et créer une solidarité entre les villes et les campagnes.

Déjà le boycott et la désobéissance civile deviennent des armes politiques et sociales puissantes et l'on sait qu'au final l'Inde a fini par obtenir son indépendance.
Lorsque Rosa Park, une couturière de couleur refuse de céder sa place à un passager blanc et qu'elle est chassée sans ménagement de la partie avant du bus, interdite aux noirs, une campagne de boycottage des autobus municipaux s'engage sur l'initiative d'un jeune pasteur de la paroisse baptiste de Dexter Avenue :
Martin Luther King
Elle dure trois cent quatre vingt jours, avant que la compagnie de transport, au bord de la faillite, ne cède. 

En 1995, accusées de vouloir se débarrasser d'une plate-forme pétrolière, Shell doit faire face à une campagne de boycottage lancé par Greenpeace. 

A l'époque Shell perd 50 % de sa clientèle en Allemagne et en Grande-Bretagne.

Devant des citoyens déterminés qui peut s'opposer ? 

Le Boycott, arme souvent perçue comme étant à double tranchant, tant il est vrai que l'effondrement de parts de marché peut aussi contraindre l'employeur aux licenciements, ne peut pas être utilisée à la légère. 

Ce qu'il faut comprendre c'est que les salariés du groupe Danone et leurs élus doivent utiliser cette menace et cette pression (car le boycott peut devenir rapidement une violente agression contre l'entreprise) pour demander des contreparties, négocier le retrait d'un plan de restructuration indigne, exiger un plan social solide, refuser des licenciements non justifiables économiquement etc. 

En résumé un Boycott oui, 10 fois oui mais à condition de s'en servir…

90 députés de l'assemblée nationale soutiennent le boycott contre Danone, 50 municipalités membres de l'association Attac (dont Metz) vont rejoindre le mouvement. Après Nevers, Givors et Saint-Denis, plusieurs villes n'ont pas attendu : Evry, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, et Jarnac. Et ceci peut encore être amplifié car le boycott peut demain devenir international. 
L'internationale syndicale existe et il suffirait d'un mail à l'AFL-CIO pour que l'organisation porte Danone sur la liste noire de working Families et que les parts de marchés aux USA s'effondrent-elles aussi. 

Mais ce n'est pas ce que les dirigeants du groupe Danone souhaitent : aussi les salariés doivent absolument se servir de cette menace et de ces pressions pour inverser le rapport de force dans la négociation face à leur employeur. 

En tant normal (nous l'avons vu chez Elf et LVMH ) contre des élus déterminés les directions utilisent l'entrave, contre des élus peu concernés la corruption ou la manipulation. Les salariés du groupe Danone ont la chance de pouvoir aujourd'hui changer la donne et négocier en position de force, surtout qu'ils ne laissent pas passer l'occasion. 

Face à ces plans de restructurations hypocrites et emplis de cynisme les élus des salariés ne possèdent qu'un droit de consultation par l'intermédiaire du droit d'alerte et les directions (lorsqu'elles écoutent) ne tiennent jamais compte de l'avis des salariés. 

Aujourd'hui bien des juristes s'accordent à dire que dans ces cas où les entreprises sont profitables un droit de veto du comité d'entreprise serait appréciable. Et si l'entreprise désire contester en justice le veto des salariés qu'elle le fasse et que le législateur lui en donne la possibilité mais les salariés en ont assez de constater que l'indignité des financiers (et de leurs complices-intermédiaires) n'a aucune limite. 

La nouveauté aujourd'hui vient du fait que le groupe Danone fait l'unanimité contre lui et que de nouveaux acteurs, comme Attac font leur apparition dans le débat social. 

La question qu'il convient de poser aujourd'hui et nous aimerions bien que tous les syndicats et les salariés se la pose est celle ci :
Si Attac se déclare solidaire des salariés, refuse l'inacceptable et désire agir pour le bien être des salariés que peuvent faire les salariés et les syndicats en retour pour Attac ? En d'autres termes peut-on ici demander plus de partage et de justice sociale et accepter bons grés mal grés que les deux tiers de l'humanité meure de faim de soif ou de maladies ?

 Ne doit-on pas exiger aussi en tant que salariés-citoyens- responsables et conscients : La taxe Tobin tout de suite ?
 


Car si les gens découvrent aujourd'hui comment la perversion financière agit envers ses propres consommateurs-salariés imaginez alors ce qu'elle peut éprouver et comment elle peut agir envers les hommes les femmes et les enfants démunis du tiers monde qui eux sont complètement désarmés. 

Et si le groupe Danone mérite le Boycott pour son comportement scandaleux la communauté financière internationale ne mérite t'elle pas la même chose afin de lui imposer une taxe Tobin sur les transactions financières qu'elle refuse tout en se gardant bien de l'avouer franchement ? 

Vous êtes le sel de la terre. Si le sel s'affadit avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon qu'à être jeté à terre et foulé aux pieds par les gens. 

Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne peut se cacher, si elle est sise au sommet d'un mont ; et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau mais sur le lampadaire, où elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.


Free Warriors.

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