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 LA RELATION D' AIDE 

Difficultés à dépasser pour mener l’entretien d’aide.

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La peur de l'entretien

 Certains peuvent avoir peur de l'affectivité d'autrui, peur devant leurs propres réactions affectives, peur de ne pas savoir conduire  un entretien... toutes ces peurs proviennent du manque d'assurance et du manque de méthode.

L’intervenant est souvent porté à « sur compenser » en s'enfermant dans un système strict ( remplir une fiche toute prête ) ou dans une attitude rigide. C'est d'ailleurs ce type de défense qui apparaît sous diverses justifications lorsque l’on propose à un intervenant un stage ou une cession de perfectionnement pour forger une nouvelle méthode.

  La peur des silences 

Une panique s'empare de certains à des moments sélectifs, en début ou en fin d'entretien, au moment où ils sentent que s'amorce une confidence ou un secret personnel du sujet, ils craignent d'être pris directement à partie par une interrogation ; cependant le cas le plus fréquent est la peur des silences. Lorsqu'un silence s'établit, certaines personnes ne peuvent le supporter et se lancent dans des questions, des digressions personnelles, des appels ou pressions diverses pour le faire cesser. Outre le fait que le silence est considéré par certains comme une technique à part entière, on peut s'interroger sur cette phobie du silence particulièrement intéressante du point de vue psychologique, mais particulièrement nuisible aussi à la conduite de l'entretien.

Les motivations semblent être :

- la peur du vide comme phénomène du néant, générateur lui-même d'angoisse.

- l'impression de perte de temps, engendrant l'impatience.

- l'impression d'inefficacité personnelle, déclenchant la sensation d'anéantissement personnel ou de culpabilité.

- la peur d'être jugé par l'autre qui s'enferme dans ses pensées ( et dans le mutisme ) sans explications.

- la peur magique et non rationnelle du silence comme s'il portait en lui une menace, signe précurseur d'une explosion prochaine du sujet ou pourquoi pas d'une catastrophe cosmique !

Difficulté à rester centré sur le sujet sans avoir d'initiative majeure 

Certains intervenants ont l'impression que s'ils n'interviennent pas positivement, on va "s'égarer». Ils veulent "savoir où on va" et aller où ils croient devoir aller. Cercle vicieux effroyable puisque pour comprendre, il faut aider le sujet à s'expliquer sans induire de réactions parasites, et l'on ne peut savoir où l'on va avant qu'il ne s'explique complètement, qu'il ne dévoile toutes ses réticences.

Une sorte de confusion s'opère mentalement entre l'initiative et l'efficacité. Cependant ici se cachent non seulement des "tempéraments" ou des habitudes, mais encore le désir non conscient de garder la supériorité, d'assouvir une volonté de puissance, d'être considéré comme actif ayant des initiatives, de rester le "directeur" de l'entretien, c'est à dire d'avoir ( et de montrer ) une autorité.

Difficultés morales

 Ce sont des difficultés à admettre l'entretien comme une technique, par crainte de "manipuler" le sujet, de lui "tirer à son insu les vers du nez" ou par souci moral de faire de l'entretien un dialogue vrai où l’intervenant s'engage tout autant que la personne.

Supposons que ces objections de conscience soient sincères, c'est à dire que ces arguments ne soient pas des écrans  ou des rationalisations secondaires cachant un désir de conserver des habitudes, une foi en une intuition incontrôlée, et la peur du changement.  

On voit bien que la solidarité, l'amitié, l'affection, le "nous" ont été un moment historique dans le tâtonnement vers la relation efficace et que les deux objectifs qui sont rappelons-le :

- Comprendre le problème dans les termes où il se pose pour telle personne singulière dans son existence singulière,

- Aider le sujet à évoluer personnellement dans le sens d’une meilleure adaptation aux réalités économiques, psychologiques et sociales, sont plus sûrement atteints par la méthode de centration sur le sujet.

 Mais Il est temps de montrer que, même si l'implication du genre affectif soit à proscrire, un engagement vrai de l’intervenant dans l'entretien est possible et souhaitable.

Cet engagement se réalise selon deux axes connexes :

- par l'effort d'empathie

- par l'authenticité.

                                                                                                 Suite :             Effort d'empathie et authenticité.

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