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 LA RELATION D' AIDE 

Technique : La Reformulation.

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On appelle "reformulation" une intervention de l’intervenant qui consiste à redire en d'autres termes et d'une manière plus concise ou plus explicite, ce que le sujet vient d'exprimer et cela de telle sorte que l'on obtienne l'accord de celui-ci.

De cette façon, on obtient immédiatement trois premiers résultats très importants :

- L’intervenant est certain de ne rien introduire de différent, d'interprétatif, de suggestif dans la communication qu'il vient d'écouter.

- Le sujet est certain, s'il se reconnaît dans la reformulation, d'être en bonne voie de se faire comprendre et il est ainsi conduit à s'exprimer davantage.

- L’intervenant a fait la preuve qu'il a écouté et compris ce qui lui était offert.

 Pour l’intervenant :

- Il s'agit de reconnaître, en quelque sorte, les sentiments ou les significations que le sujet vient de formuler.

- Il s'agit de laisser la personne développer son point de vue dans l'entretien.

- Il s'agit d'accepter le contenu subjectif de ce que le sujet vient de dire, même s'il est désagréable, c'est à dire d'accepter de considérer qu'il vient d'émettre un point de vue subjectif, ce point de vue devant être compris.

- Il s'agit de définir la situation décrite par la personne en terme de responsabilité de sa part, c'est à dire non pas en l'accusant de la situation décrite, mais en lui montrant qu'elle exprime son point de vue et que nous la comprenons comme telle. Concernant la possibilité d'erreur : Que se passe-t-il lorsque l’intervenant  "se trompe", ce qui est signalé automatiquement par le désaccord de la personne sur la reformulation ? Le sujet s'explique de nouveau et l’intervenant a une nouvelle fois la possibilité de réussir son effort de compréhension.

Reformuler en comptant sur l'accord du sujet pour nous permettre d'évaluer si la reformulation est bonne ou insuffisante, suppose une conception générale de la conscience et des aptitudes humaines. Cela suppose que le sujet est considéré réellement comme la personne qui est le plus "au courant" du problème, la plus informée de la situation et pratiquement la seule à éprouver son cas dans toute sa profondeur existentielle, économique ou sociale, donc lui seul sait parfaitement de quoi il parle. Disons déjà que l’intervenant, dans la bonne attitude ( écoute attentive, absence d'idées préconçues, désir authentique de comprendre ) fait ici confiance au sujet en ce qui concerne la manière dont  celui-ci éprouve subjectivement la situation.

Il n'y a pas d'autre moyen pour savoir comment une personne  éprouve un événement, une situation, une difficulté ou un problème que de lui demander et d'essayer de reconstituer le plus complètement possible son point de vue. Cette confiance dans l'autre sur la vérité de son problème est justifiée. Inversement, pensez aux nombreuses fois où, essayant d'exposer votre opinion ou les motifs d'une décision à un interlocuteur, vous avez rencontré, comme principal obstacle, l'impossibilité d'obtenir que l'autre écoute, que l'autre comprenne, alors que vous saviez très bien exprimer ce que vous aviez à dire…

Cela suppose que le comportement humain a un sens et une logique spécifique. Les réactions affectives, comportementales, verbales sont en connexion étroite avec les significations vécues et ces significations s'organisent en système dans l'univers privé de chacun de nous.

Ainsi, comprendre un comportement, c'est comprendre les significations qu'il implique au niveau même de la perception des choses, des êtres et des événements, c'est restituer ces significations dans l'ensemble du vécu de la personne.

Cela suppose que le sujet est capable de reconnaître le reflet de ce qu'il vient de dire. Tout est donc fondé sur la capacité de prendre conscience véritablement de soi et de son problème. L'efficacité s'en déduit automatiquement par la suite.

Cela suppose une conception de l'humain, dont la base est non seulement la foi dans des capacités de réflexion et de relations sociales et professionnelles fondamentalement positives mais aussi la foi dans la capacité d'autorégulation finale du sujet par lui-même.

                                                                                                      suite : La reformulation-reflet                                                                         

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