LA RELATION D' AIDE 

La Reformulation-clarification.

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La reformulation-clarification

 Le récit du sujet est l'expression directe de ce qu'il éprouve, avec ce que cela a de tâtonnement, d'inorganisé et de confus. La clarification est l'aspect à la fois le plus difficile et le plus efficace de la reformulation : elle consiste à mettre en lumière et à renvoyer au sujet le sens même de ce qu'il dit.

Exemple ( le sujet ) : "Mon patron est un type littéralement farci de prétentions. Il n'y a que lui qui compte. Il n'y a que lui qui ait quelque chose à dire. Dès qu'il entre en scène,  il monopolise la conversation, je peux dire au revoir à tout le monde et m'en aller."

Réponse : "Le nœud du problème, ce ne sont pas tellement les manières de votre patron... c'est le fait que ses façons, d'une manière ou d'une autre, vous touchent défavorablement, reviennent à vous éliminer."

Réponse du sujet : "Voilà ! " ou : "Vous avez compris ! " .

 Ici, la difficulté est de partir de l'essentiel tel qu'il est perçu par la personne. Le risque devient grand de faire une interprétation.

La clarification doit rester strictement au niveau de l'essentiel, elle suppose par conséquent une intuition fine de la part de l’intervenant, une capacité de tirer au clair ce que le sujet dit souvent d'une manière confuse et inorganisée. La mise en pratique du savoir écouter et savoir observer.

 De la reformulation-reflet à la reformulation-clarification

Il y a une progression nette de la compréhension. Le simple reflet est parfois insuffisant, quoiqu'il ait déjà une vertu. En effet, il prouve la centration de l'attention sur le sujet et il est de plus, en tant que miroir, une réflexion objectivée. Ce que la personne client a dit, tiré de son propre vécu, lui revient de l'extérieur et, si la reformulation est bonne, elle est bien obligée de s'y reconnaître. Ceci produit un impact réflexif qui éveille sa conscience claire en même temps qu'elle assure de l'écoute compréhensive.

La reformulation comme nouvelle formulation a un effet de choc plus fort. Sans qu'il puisse contester le contenu de la formule présentée, le sujet voit apparaître un sens nouveau aux mêmes données subjectives et il est au centre de cette signification. A travers le résumé plus clair que propose la reformulation-clarification, elle vise déjà à tirer de l'ensemble des données exprimées un "essentiel-vécu" que le sujet reconnaît comme fondamental pour lui, quoiqu'il ne l'ai jamais encore formulé de cette manière synthétique.

De l'écho à la clarification, un progrès est donc apparent, il convient de préciser en quoi il consiste, du point de vue de la personne.

La reformulation du premier genre lui renvoie son image en miroir et il peut se regarder avec un peu plus de "distance". La reformulation-clarification lui offre davantage : elle met le doigt sur un essentiel subjectif que le sujet éprouvait comme tel ( et c'est par là qu'il peut s'y reconnaître) mais qu'il n'arrivait pas forcément à exprimer clairement.

De ce point de vue, la reformulation-clarification peut paraître, au premier abord, comme une interprétation. C'est peut-être le risque de toute formulation de ce genre, risque qui consiste précisément à se tromper sur ce qui est essentiel ou sur ce qui est accessoire, du point de vue de la personne.

Si c'est l'essentiel vécu qui est effectivement placé au centre de la reformulation-clarification, il est indéniable qu'il n'y a pas interprétation mais seulement découverte de l'essentiel implicite.

Le sujet se sent vraiment compris et déjà aidé. Le premier effet est un effet de relance, appelé effet-tremplin, c'est à dire que le sujet est comme entraîné à expliciter davantage ce qu'il a à dire, à partir de cette clarté nouvelle. Bien souvent, par la suite, vous allez découvrir des choses que vous ne supposiez pas, que vous n'imaginiez pas, vous serez à la découverte véritable de votre sujet.

Efficacité

Le sujet vit le problème ou la situation, ce qui engendre deux conséquences inévitables :

- Il est le seul à éprouver toutes les dimensions et toutes les résonances de la situation.

- Il est immergé dans la situation et ne peut prendre le recul nécessaire à l'objectivité.

De ce fait, il a le sentiment de "connaître" la situation, et en fait il la connaît beaucoup plus que quiconque, mais en même temps il en est le prisonnier.

Nous sommes ici devant une loi psychologique qui peut se formuler de la manière suivante : "dans toute situation qui implique affectivement fortement un sujet, sa réflexion, loin de permettre l'accès à l'objectivité, le porte au contraire vers la rumination mentale ou vers des rationalisations secondaires."

Autrement dit, la liberté et l'efficacité de la réflexion sont inversement proportionnelles à l'intensité de l'implication affective du sujet dans une situation.

Il nous faut ici différencier beaucoup plus clairement encore rumination et réflexion. On appelle rumination mentale un certain type de réflexion qui consiste à ressasser la situation, soit dans son ensemble, soit dans ses détails, en repassant toujours sur les mêmes points, ou en établissant entre les éléments de la situation des rapports plus ou moins fantasmatiques ou illusoires. Cette rumination mentale est le signe d'une tension intérieure, elle peut prendre le caractère obsédant d'une hantise, elle constitue une sorte de piétinement sur place qui, généralement, aggrave la situation par le fait même de cette tension intérieure et de ce ressassement.

La réflexion véritable, celle de la conscience réfléchie, pourrait être appelée verticale par rapport à la précédente qui serait alors horizontale, en ceci que la réflexion véritable tend à découvrir la structure de la situation, à mettre à jour sa trame, à percevoir l'articulation des éléments significatifs dans l'ensemble vécu, et, de ce fait, aboutit à une vue objective liée à un certain détachement et par conséquent déjà capable d'envisager ou d'amener  une issue.

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