|
|
|
|
| LA
RELATION D' AIDE
Les effets de l'application des techniques |
|
Les
effets de l'application des techniques Il
y en a 3 principaux, et surtout une libération du pouvoir de réflexion : 1)
l'utilisation de la connaissance que la personne possède de la situation.
Le sujet, étant le seul à éprouver toutes les dimensions et toutes les
résonances de la situation, il se trouve être le sujet unique à questionner
sur ce problème qui est le sien. Il est le sujet concerné, il est ce que
les documents administratifs appellent : "l'intéressé". Il est
donc non seulement important mais indispensable que le sujet concerné
soit amené à exposer ce que la situation est pour lui. 2) L'éclatement du sentiment de solitude. Dans la mesure où le sujet est seul à éprouver toutes les dimensions de la situation dans laquelle il se trouve, il a nécessairement et forcément le sentiment de solitude. Ce sentiment de solitude est un facteur aggravant de la situation, en même temps qu'il est un des facteurs constitutifs de la rumination mentale. 3)
La libération du pouvoir de la réflexion. Nous avons vu ci-dessus la
différence entre réflexion et rumination. La technique de l'entretien
par le fait même qu'elle fait intervenir un autre en face du sujet
concerné, provoque l'arrêt de la rumination et tend à libérer le
pouvoir réflexif proprement dit. Par l'entretien et dans l'entretien, la
situation se précise en même temps pour le sujet et pour
l’intervenant. Nous avons vu que le sujet qui vit
son problème
ou sa situation, c'est à dire qui l'éprouve affectivement d'une manière
personnelle et irremplaçable, n'est pas pour autant capable de prendre
par rapport à cette situation le recul nécessaire à l'objectivité. La
perception qu'il a de la situation n'est pas au niveau réfléchi, mais se
trouve par définition au niveau vécu, c'est à dire qu'elle peut être
vivement vécue et intensément éprouvée tout en demeurant
obscure et difficile à formuler. C'est d'ailleurs parce qu'elle est vécue d'une manière vive en même temps que difficile à formuler clairement, que le sujet, isolé, est souvent porté à la rumination mentale de son problème, plutôt qu'à la réflexion objective. Au
départ, par conséquent, la situation est peu claire aussi bien pour le
sujet que pour l’intervenant ( qui par hypothèse ne la connaît pas ou
ne la comprend pas encore ). C'est
dans l'entretien lui-même que la réflexion du sujet, grâce au reflet
que lui en fera l’intervenant, parviendra à une formulation objective,
et du même coup la personne aura fait un progrès personnel dans la
mesure où sa perception affective confuse
aura pu passer à la
conscience
réfléchie et claire. La
reformulation, de ce point de vue, est une véritable éducation ( ou rééducation
) du pouvoir réflexif de la conscience, avec toutes ses possibilités ultérieures. Conséquences
directes Ce
qui peut surprendre, c'est que si la méthode est utilisée correctement,
le conseil ou le diagnostic est formulé en même temps par le sujet et
par l’intervenant. Ceci
est le reflet du plein accord qu'engendre l'application de cette
technique, car l'effort de clarification et l'élucidation détermine le
progrès souhaitable de la personne dans sa conscience de la situation ou
du problème et en même temps il éclaire aussi l’intervenant sur le
sens véritable de la situation ou du problème. Il
est des sciences silencieuses, les sciences humaines font partie de cette
catégorie, la psychologie, contrairement à la médecine fortement médiatisée,
est l'une d'elles. Les découvertes de Carl Gustav JUNG sur la structure
de la personnalité, les travaux de Carl Rogers sur l'entretien de face à
face dans la relation d'aide, ceux de Bruno Bettelheim sur l'éducation,
ceux d'Hubert Montagner sur l'attachement, même les découvertes de
Konrad Lorenz en éthologie sont longtemps restées dans la pénombre.
Pourquoi ? Qui
les connaît ? Qui les utilise ? Certainement
pas le grand public que l'on oriente vers autre chose. Dans
l'histoire récente de l'humanité, si le genre humain avait consacré
autant d'argent à la recherche en sciences humaines, c'est à dire à son
bonheur il faut bien le dire, qu'au développement de l'arsenal de guerre,
c'est à dire à sa destruction éventuelle; peut-être vivrions-nous dans
un monde sensiblement différent…
" La parole aujourd'hui appartient à ce qui n'a pas encore
parlé." André Gide ( Journal ) |
|
|
|
|